jeudi 18 décembre 2008

Le virage réussi de Lagardère dans les médias : affaire à suivre

Après quelques hésitations au début des années 2000 sur la stratégie à employer, le pôle médias de Lagardère (Lagardère Active Média) parie sur la convergence numérique et une vraie stratégie de contenus. Et en a probalement les moyens...

Pas facile pour un poids lourd du secteur des médias de passer au numérique au vu de la vitesse d'évolution des stratégies et de la créativité des concurrents. Historiquement, le groupe s'est développé dans l'édition, la presse, la distribution et la radio, autant d'activités qui ont souffert et ont montré tous les signes de l'usure "classique" de titres et de marques qui ont tardé à se lancer dans l'aventure Internet. Il faut dire qu'avec la douche froide de l'éclatement de la bulle "dotcom", les grands groupes qui avaient tous déboursé pour soutenir des start-up se sont vite repliés sur leurs anciennes habitudes.

Or depuis la reprise de l'activité numérique (une activité qui connaît également moins la crise actuellement que d'autres secteurs traditionnels), le vide laissé par les grands groupes a permis aux grands acteurs du web, comme Google et Yahoo, d'affirmer leur stratégie de portails multiservices et "info-médiaires" qui menacent de manière évidente les positions d'un groupe comme Lagardère. Que faire pour prendre le virage du numérique ?

Tout d'abord, un changement de management radical, avec l'arrivée à l'été 2005 de Didier Quillot, un patron atypique venu d'Orange chargé d'accompagner le groupe dans le numérique. Dans sa besace, son carnet d'adresse et sa créativité, un besoin réel dans le groupe, même si cela passe par des réductions d'effectifs dans les magazines les moins performants. Ensuite, la poursuite de l'acquisition de contenus forts, comme la participation de 20% dans Canal+ (qui pourrait monter prochainement à 34%), l'acquisition à l'arrachée de l'agence de droits TV et de marketing sportif Sportfive et celle de l'éditeur d'information Newsweb (Sports.fr, Sport4fun.com, Football.fr, Autonews.fr et Boursier.com). Une stratégie de renforcement des contenus qui vient enrichir ceux existants (Elle, Psychologies, Match, JDD, Europe1, Virgin17, une partie du Monde Interactif).

Tout l'intérêt de la convergence peut alors apparaître, si l'on pense que ces contenus aux thématiques variées (mais qui restent sur les "lignes fortes" du groupe : la femme, le sport, l'entertainment) peuvent bénéficier de la fusion des régies publicitaires magazine et audiovisuelles du groupe (créant de fait la 2nde régie publicitaire en France avec 2 milliards d'euros de chiffre d'affaire), pour proposer des packages déclinables en multicanal.

Cette convergence se double de nouvelles stratégies, avec la pénétration des marchés émergents (en Russie où le groupe a racheté 4 stations de radio, en Chine également), ainsi qu'une logique partenariale qui a prouvé sa pertinence dans le cas de Public et de Yahoo. Autre exemple de la convergence, une plate-forme numérique de vidéo à la demande pourrait être lancée, intéressant, par exemple, un Chinois amateur de buts anglais en football. Canal +, dont Lagardère détient 20 %, servirait de point d'appui, via Canalplay, alors que des synergies peuvent être trouvées au niveau international avec la régie Interdeco.

Il s'agit vraiment de parvenir à maîtriser dans une seule main un grand nombre de contenants et de contenus, pour en tirer le maximum en déclinant les offres selon les zones, les supports et les thématiques. Arnaud Lagardère l'avait dit lors de la réorientation du groupe en janvier 2007, "il ne faut pas avoir la nostalgie du papier, sinon on va se faire manger par les google et compagnies" (TeleSatellite).

Le nouveau pôle Lagardère Active Media, qui regroupe l'ensemble de ces métiers, entend réaliser entre 5% et 10% de ses ventes dans les contenus numériques à la fin de 2009 contre moins de 1% en 2006, a annoncé le groupe dans un communiqué. Les premiers résultats se font sentir en terme de fréquentation des sites webs, mieux aménagés, avec près de la moitié des internautes actifs qui visitent ces sites chaque mois. Les cartes sont donc entre leurs mains, à eux de savoir les distribuer au mieux !

jeudi 27 novembre 2008

La crise accélère t-elle la dématérialisation de l'économie ?

Malgré tous les plans de relance de l'économie approuvés, étudiés ou débattus, les chiffres de la consommation dégringolent chaque mois un peu plus. -1% en octobre aux Etats-Unis, un record depuis le 11-septembre, -0,4% en France pour le même mois, et nous n'en sommes probablement qu'au début, et encore, au moment des fêtes de fin d'année où, en général, la consommation des ménages augmente significativement (de 15 à 20%).

Les ménages consomment moins, mais vont probablement consommer surtout différemment. La chasse au prix est ouverte, les meilleures affaires font l'objet de plus d'attention, et c'est peut-être l'e-commerce qui tirera le mieux son épingle du jeu. La crise actuelle semble en effet accélerer la modification des comportements de consommation en faveur des boutiques en lignes et des grandes plate-formes de commerce électronique. Si les derniers chiffres montrent également une baisse des ventes dans l'e-commerce (de 4%), cela ne permet pas de mesurer les différences entre ce secteur et celui de la vente "classique", en magasin. Amazon fait un véritable carton au Royaume-Uni où ils inquiètent même les boutiques londoniennes pour les fêtes, tout y étant "virtuellement moins cher".

D'autres formes dématérialisées du commerce commencent à poindre, et ce, encore une fois, malgré le contexte de la crise. L'industrie musicale, qui ces dernières années a subi revers sur revers, commence à trouver un semblant d'équilibre, et en tout cas a changé de cycle comme en témoigne cette autre nouvelle du New York Times. La maison d'édition Atlantic (Led Zeppelin, Ray Charles...) a ainsi vendu plus d'unités de musique digitales qu'en CD classique vendus en magasin. Certes, en termes de revenus, cela ne compense pas les pertes de l'économie "en dur", mais la crise devrait "permettre", si l'on peut utiliser ce terme, d'accéler le mouvement. Pour Noël, il reviendra moins cher d'offrir une carte pré-payée iTunes (99 cents le titre) que d'acheter un CD dont les prix n'ont pas réellement beaucoup baissé (voir ici pour un bon récapitulatif de l'évolution des prix de la musique).

D'autres exemples confirment cette casse des prix des objets lorsqu'ils passent en version électronique. Ainsi l'enregistreur numérique Sony HDR-SR11, lancé en avril au prix magasin de 1200$, était vendu peu après sur dell.com à 899$ et à 750$ sur un autre e-commerçant américain ! De quoi gagner durablement la confiance du consommateur qui déciderait de tester l'achat en ligne ou digitalisé. Côté producteur, distributeur et revendeur, les marges se font évidemment moins grasses qu'auparavant, et il leur faut vendre un nombre beaucoup plus important d'un même item pour arriver à rentrer dans leurs frais. Un équilibre fragile, que la crise bouscule, d'où une guerre des prix électroniques des plus violentes ces derniers temps. La "prime au vainqueur" du porte-monnaie des consommateurs est considérable, car seul celui qui arrivera à fidéliser le premier un client sur ses divers envies d'achats pourra réussir ces reventes massives.

Enfin, dernier avatar de la transformation des modes de consommation vers un passage au dématérialisé, le marché des "coupons", "vouchers" ou "coupons" en V.O, en plein boom. La majorité des sites d'e-commerce proposent désormais au moment du paiement de rentrer des codes promotions trouvés ici et là sur le web, qui permettent d'obtenir des réductions que quelques pourcents sur le prix final. On trouve de nombreux sites qui regroupent ces codes promotionnels, mais n'espérez pas pour autant enchaîner les bonnes affaires, car côté vendeur, on tente de contrôler la dissémination de ces codes promos sur Internet pour ne pas qu'une incitation occasionnelle d'achat devienne une brèche dans laquelle s'engouffreraient des milliers d'internautes à la recherche des meilleures affaires !

lundi 17 novembre 2008

Ne zapper plus, c'est encore pire ! Petite leçon de publicité cognitive

Rien n'arrêtera la pub, ou presque. En tout cas pas la technique, malgré les quelques obstacles qu'elle a pu mettre en travers des annonceurs. C'était évidemment sans compter sur les petits malins et autres têtes chercheuses en cognitivisme qui travaillent dur pour que, coûte que coûte, le message passe.

C'est un article de The Economist qui revient sur une trouvaille d'Adam Brasel et James Gips de la Caroll School of Management de l'université de Boston, dans le Massachussets. Leur défi : trouver un moyen d'éviter qu le téléspectateur ne "zappe" les publicités lorsqu'ils enregistrent leurs
émissions favorites sur les enregistreurs vidéos numériques. Ceux-ci permettent notamment de sauvegarder l'émission sur le disque dur de l'appareil pour le visionner ultérieurement... et pour zapper les publicités qui surgissent régulièrement. Le téléspectateur prend donc sa télécommande, et maintient le temps qu'il faut la touche "forward" pour s'éviter de 2 à 8 minutes de publicités considérées comme intempestives.

Là où les deux chercheurs ont eu le nez creux, c'est en observant comment le téléspectateur fonctionne. Car pour ne pas avoir à revenir en arrière ou loupé la reprise de l'émission, celui-ci reste extrêmement concentré sur les images en défilement rapide. Idéal au niveau de la concentration sur l'image, bien plus qu'en temps "normal" où le téléspectateur est en général distrait et peu attentif aux nombreux messages qui défilent toutes les 30-45 secondes sur son écran. Cette concentration maximale, il est finalement assez simple de comprendre (à posteriori) comment l'utiliser. Tout simplement en créant des messages publicitaires qui sont "vus" de manière optimale en vitesse de défilement rapide ! Plutôt que de créer un spot publicitaire de 30 secondes où un nombre incalculables d'images se succèderont, autant garder 2 ou 3 images qui, en défilement rapide, "resteront" plus longtemps à l'écran, et sur la rétine concentrée du téléspectateur. Même si le téléspectateur ne voit qu'une image sur 24 en défilement rapide, si celle si est toujours la même, il finira par la percevoir un temps suffisant pour être retenue, comme l'ont démontré les résultats de l'étude parue dans le Journal of Marketing. Le spot de 30 secondes devient une image fixe de 1,5 seconde, un temps suffisant pour retenir la marque.

Les avantages de cette méthode sont évidents : le "spot", habituellement coûteux en stratégie, en personnel et en temps, est réduit à sa portion congrue. Il suffit d'un peu de créativité pour que la marque apparaisse encore plus (en la décentrant, par exemple, ou en la retournant) à coût zéro ou presque, et la réception de la marque par le téléspectateur est encore plus facile que sur un spot classique vu à vitesse normale, où il faut sortir de plus en plus des sentiers battus pour espérer être retenu par le téléspectateur consommateur.

(ci-contre : le résultat d'une recherche sur "l'impact" du regard lors d'une requête Google")
On n'échappe pas longtemps à la publicité ! ;)

jeudi 6 novembre 2008

Abu Dhabi crée un pôle média avec ses pétrodollars

Et si on ne parlait pas de Barack Obama, mais des médias quand même (croyez-moi, c'est plus compliqué qu'il n'en a l'air !).

C'est un article du Monde qui nous informe d'une autre ambition du très dynamique micro-Etat de Abu Dhabi, celui-la même qui avait déjà investi dans un Louvre des sables... mais à en croire le Monde, la concurrence sur place est rude ! Al-Jazira est située à Doha, et Dubaï a déjà lancé une Media City.

Quel est l'intérêt d'investir dans ce secteur pour les Emirats ? D'abord, c'est là où se trouve le coeur de la finance du monde arabe. Ensuite, d'être pret à conquérir un marché des contenus en arabe amené à se développer rapidement comme en témoigne ce passage :

"Quelle est l'ambition de "twofour54" ? "Notre objectif est de créer du contenu média pour 300 millions de personnes du monde arabe, affirme Tony Orsten, patron de twofour54. Notre approche est unique car nous voulons regrouper en un même lieu la formation des journalistes et des techniciens, l'incubation d'entreprises innovantes, des moyens de production et de post-production et l'implantation de partenaires internationaux."

Comme souvent dans ces contrées qui ne savent plus quoi faire de leur argent, l'idée n'est pas tant d'obtenir un retour sur investissement, mais d'ancrer encore plus les Emirats comme un centre régional (et quelle région, du Maroc à l'Indonésie, en très gros) de connaissances.

Le projet s'appelle Abu Dhabi Media Zone, et vise également à insufler les valeurs "traditionnelles" de l'Islam dans les contenus vidéos ou internet, un mouvement qui dame le pion en quelques sortes aux productions locales d'Egypte, de Syrie ou du Liban estimés trop laïques, comme le relate le blog de Claude Soula du Nouvel Obs :

Objectif avoué ? « Elever le niveau des « contenus » produit pour le monde arabe ». Les responsables de l’Emirat estiment que si les programmes locaux étaient meilleurs, ils seraient plus regardés par les 300 millions de spectateurs arabes. Inutile de dire que ces programmes doivent contenir des valeurs arabes, traditionnelles. Ils seront sans aucun doute plus sévères que les films produits par le Liban, l’Egypte ou la Syrie, des pays nettement plus laïques.

A suivre, donc !



lundi 20 octobre 2008

A l'Est, rien de nouveau

Une brève de l'AFP au sujet de la publicité sur les chaînes publiques :

PARIS (AFP) — France Télévisions va baisser ses tarifs publicitaires de 10% en journée en 2009 avec "la volonté d'être très compétitif", a-t-on appris jeudi auprès de la régie publicitaire du groupe public, confirmant une information des Echos.

Pour relancer la machine, les chaînes télés ont sabré dans leurs grilles tarifaires, avec TF1 qui début octobre avait déjà annoncé une baisse de 4,8% des écrans publicitaires... J'imagine que la crise actuelle n'arrange rien, les budgets pubs étant souvent très affectés par les grandes crises internationales, comme après le 11-septembre.

Cette nouvelle laisse, je trouve, un sentiment de capitulation, ou de défaite, l'audience de TF1 ne cesse de fondre, après être passé au tournant de l'été sous la barre symbolique des 30% de parts de marché. Un effritement des colosses du PAF (la situation financière du groupe France Télévisions après la fin de la pub n'est pas garantie) qui, de mon point de vue, est assez symbolique du manque de réactivité des géants des médias face aux NTIC (la TNT et le web pour les grandes chaînes hertziennes, le web et les gratuits pour la presse écrite).

La crise "aidant", on a pas fini de voir se reconfigurer complètement le secteur des médias !

jeudi 16 octobre 2008

La 4ème licence mobile enterrée "à 98%"


Ce sont les termes d'un proche du dossier cité par le Figaro, qui le 15 octobre nous confirmait ainsi le choix du gouvernement de ne pas attribuer la 4ème licence 3G à un nouvel entrant, pour la réserver aux opérateurs existants (Orange, Bouygues, SFR). Une nouvelle qui va à l'encontre de l'avis de l'ARCEP, le régulateur des télécoms, qui avait prôné l'ouverture de ce marché somme toute dominé et fermé par les 3 opérateurs à la concurrence.

Cette décision était extrêmement attendue au vu de l'importance des conséquences : l'ouverture du marché de la 3G aurait fait chuter les prix, permettant l'accès à l'Internet mobile d'une plus grande partie de la population, mais aurait également entamé le monopole existant sur les tarifs. A croire que les opérateurs existants ont su être très convaincants, peut-être ont-ils du accepter en retour d'être taxé pour financer les télévisions publiques comme je l'écrivais récemment.

Si la nouvelle est à prendre avec précaution, elle devrait être officialisée lundi par le président Sarkozy dans le cadre plus large du "Plan Numérique 2012" qui fixera les grands orientations du secteur des télécoms et des médias (qui deviennent un, comme le montre la stratégie d'Orange) pour les année à venir.

Free est donc renvoyé dans ses cordes à 2012 pour éventuellement pouvoir mettre la main sur les "fréquences en or" libérées par la télévision analogique... mais ces fréquences coûteront de 1,5 à 3 milliards d'euros, bien au-dessus des 619 millions d'euros de la 4ème licence, que Free n'avait déjà pas pu payer l'année dernière, et qui demandait à nouveau cette année un étalement du paiement.

A souligner, la Bourse a applaudi cette rumeur en poussant à la hausse le titre Iliad, maison-mère de Free... Peut-être n'était-ce donc pas à leur niveau.

mardi 14 octobre 2008

Crise économique mondiale et responsabilité des médias

La crise, telle qu'elle est expliquée dans nos journaux, tv, sites web, radios, paraît presque "naturelle", au sens où elle est présentée comme une catastrophe, avec un soupçon de fatalisme par moment... Les médias parlent même de la "mort du capitalisme", comme si celui-ci était un être vivant.

Au-delà des controverses sur les origines de la crise, ses mécanismes (à mon avis trop complexes pour être expliqué uniquement par les subprimes), ses solutions, si elles existent, nos sociétés abreuvées d'information n'ont pu avoir connaissance et conscience de cette "crise" que par les médias... qui portent donc une responsabilité dans la manière dont cette crise est perçue par les consommateurs des médias, c'est à dire à peu près tout le monde. Ne serait-ce qu'en écrivant ces lignes, je participe moi-même à cette influence des médias.

Certains journaux ont eu le courage de s'interroger sur l'influence des médias dans la propagation et l'intensité de la crise, un regard sur soi qui est assez rare dans un milieu où les journalistes et donneurs d'opinions ont généralement une haute estime de leurs propos... si haute qu'ils estiment qu'elle mérite (ou parfois même qu'elle doit) être partagée dans les colonnes d'un journal, dans une tribune, sur un site.

La question de cette influence se pose évidemment parce qu'il s'agit d'une crise de confiance. Les analystes sont relativement d'accord sur le fait que les chutes en Bourse de la semaine passée n'avaient rien de rationnel. Certains établissements solides ont dégringolé, parfois plus par peur que par calcul rationnel. Et s'ils ont eu peur, c'est que les médias ont aussi forcé le trait par endroit. Mais comment faire, alors, pour parler de la crise sans apeurer, tout en restant un minimum objectif ? Doit-on penser comme Carole, de RTLinfo.be, que les médias auraient du redorer le blason des banques et souligner leur rôle fondamental ? Dans sa lettre à RTLinfo, elle précise sa pensée :

"Si, au lieu de passer votre temps à expliquer les causes de la crise actuelle et attiser les rancoeurs et colères, vous expliquiez les conséquences d'une panique des épargnants et de leurs retraits des banques?!!"

En France, LeMonde.fr tente la contorsion également de se regarder soi-même agissant au milieu de la crise... un exercice peu simple. Comment peut-on titrer "les médias parlent-ils trop de la crise ?" quand les "Unes" précédentes n'ont parlé que de ça ? Il faut aller chercher dans les commentaires pour trouver des critiques :

"C'est bon, on a compris... La Bourse chute ! Tout ce que vous faites n'est que de la dramatisation à sensation et vous empirez les choses en effrayant vos lecteurs. C'est scandaleux !"

Pour terminer, une vidéo d'Arrêt Sur Images, une émission-site qui fait du bien à la tête en ces périodes de troubles !





mardi 7 octobre 2008

358 candidats à la radio numérique (Le Monde)

358 radios se sont portées candidates à l'acquisition d'une licence "radio numérique", selon Le Monde :

"Une étape critique a été franchie", se félicite Rachid Arhab, membre du CSA chargé de la radio numérique. Il est vrai qu'une première échéance fixée mi-juin avait été boudée par les postulants potentiels. Ils demandaient que leur soient attribuées des fréquences dans la "bande 3", qui devraient être libérées lors du basculement de la télévision analogique vers le numérique. Même si, aujourd'hui, ni le calendrier d'attribution de ces fréquences ni leur nombre n'est encore fixé, le principe de leur affectation à la radio numérique a été affirmé par le gouvernement.

Beaucoup de zones d'ombre subsistent encore sur la radio numérique. A priori, ses promoteurs soulignent qu'elle sera synonyme d'une meilleure qualité d'écoute, qu'elle devrait favoriser la continuité de l'antenne sur une large couverture territoriale et qu'elle sera source de nouveaux services de données et d'images associés. Mais pour recevoir ces émissions numérisées, les auditeurs devront acheter un nouveau récepteur. A quel prix, à quel rythme et dans quels délais ces produits seront-ils disponibles dans les magasins ? Là encore, les questions restent en suspend.

Dans ce contexte, les radios étaient plutôt frileuses face à cette mutation. Mais la concurrence d'Internet pousse les radios privées à franchir le pas. Les radios associatives, elles, s'inquiètent pour leur survie face au surcoût de la numérisation (Le Monde du 3 octobre).

Dans les projets déposés auprès du CSA, peu de nouveaux entrants, à l'exception notable de TF1, qui dévoile ses ambitions pour ce média. Les acteurs en place ont déposé un nombre de dossiers supérieur au nombre de radios qu'ils possèdent. Ainsi, Lagardère a quatre ou cinq nouveaux projets, NRJ en a quatre et RTL trois. Seul Skyrock reste à périmètre constant.

"Il y a deux secteurs privilégiés, l'information en continu et le sport", constate M. Arhab. Le CSA devrait dévoiler son choix en mars 2009. A noter que ce premier appel à candidatures porte sur une couverture de 30 % de la population et qu'il prévoit, à Paris, 63 radios numériques. Le début des émissions est programmé pour la fin de 2009. Sous toute réserve."

(Le Monde)

jeudi 2 octobre 2008

Internet doit devenir encore plus accessible !

C'est un enjeu majeur pour la société française dans son ensemble : Internet doit devenir encore plus accessible que ce qu'il est actuellement. De Paris, on ne se rend pas toujours bien compte de l'accès à Internet, nos métiers se sont adaptés au réseau, nos loisirs y sont définis, le divertissement, également... mais Paris est une exception, et les Français ne sont pas encore tous égaux face à la numérisation. En ce sens, parler de "fracture numérique" est toujours d'actualité.

Internet est loin d'être à la portée de tous comme le rappelle cet article du Journal du Net, très pourvu en chiffres. Tout d'abord, il faut savoir définir ce qu'est un internaute. D'après Médiamétrie, qui fournit les chiffres du JDN,"est internaute les personnes âgées de 11 ans et plus déclarant s'être connectés à Internet via une connection haut débit au cours du mois". Et les chiffres ne sont pas aussi hauts que ce que l'on pourrait croire : il y avait 10 millions d'internautes en 2005, et un presque 25 millions en janvier 2008. Loin, donc, des 60 millions de Français, même en excluant la part des moins de 11 ans.

Et pourtant, c'est sur Internet que sont diffusés les nouveaux contenus, du divertissement à la science en passant par l'acutalités et la culture. Les médias traditionnels sont en crise, et les innovations technologiques (la 3G, le WiMax, l'ADSL) attirent toujours plus de créateurs de contenus uniquement sur le web. Les médias traditionnels deviennent d'ailleurs de plus en plus des relais des contenus web, et non plus l'inverse : combien de journaux "papiers" citent des sources internet, des blogs, combien se réfèrent à des contenus vidéos diffusés sur YouTube ou DailyMotion ? Internet est clairement devenue un vecteur incontournable de diffusion des contenus.

C'est pourquoi il faut que le "réseau des réseaux" devienne accessible au plus grand nombre, et rapidement, sans quoi de nouvelles inégalités risquent de se creuser entre connectés et non-connectés. On sait que certaines zones ne sont toujours pas dégroupées, ou partiellement : les utilisateurs sont contraints de souscrire des abonnements chez Orange, unique pourvoyeur dans les zones nons dégroupées, et quand on connaît un peu l'écart tarifaire dont ils profitent... malgré la possibilité d'avoir un opérateur alternatif, les conditions sont souvent moins bonnes que dans les grandes villes, et quand une panne survient, c'est souvent très compliqué. Pour le reste, on ne compte "que", même si le chiffre est important, 17 millions d'abonnés ADSL.

Comment rendre Internet accessible au plus grand nombre ? Cette question fait ressurgir le débat entre la couverture la population et celle du territoire, 2 concepts qui n'englobent pas les mêmes zones, la vouverture du territoire étant la plus difficile à assumer, car il faut souvent aller installer le réseau physique dans dez zones isolées, reculées... mais où vivent et travaillent des habitants qui eux aussi ont droit, besoin et envie d'avoir accès à une connection de qualité. Le terme précis est celui "d'accessibilité numérique", un peu comme l'accessiblité quand on pense aux différents handicaps, temporaires ou permanents, qui nuisent à la bonne qualité de vie de certaines personnes.

Plusieurs normes et standards devraient permettre d'étendre cette couverture numérique aux zones les plus reculées, comme le notait Matbe : "autres solutions à mettre en œuvre : le passage au protocole IPv6, le Wi-Fi, le WiMAX, le RFID, le Bluetooth, etc."

La 3G est également un format qui devrait permettre de couvrir une plus large population... si tant est que les opérateurs existants ou désireux d'entrer sur ce marché se donnent la peine de couvrir démocratiquement et non pas qu'économiquement le territoire français. En ce sens le statu quoi actuel des opérateurs est un scandale silencieux : les zones blanches continuent d'exister, car aucun n'a d'obligation formelle d'aller "perdre" un peu de leurs bénéfices pour couvrir les plus isolés. C'est également u problème lors de déplacements professionnels, quand les connections "coupent" au beau milieu d'un trajet.

L'arrivée d'un nouvel opérateur sur la 3G devra donc répondre à cet impératif de résorber la fracture numérique, c'est également une demande forte des collectivités locales qui ont besoin d'apporter à leurs populations un service Internet digne de ce nom. Car nous sommes dans une démocratie et que l'inégalité d'accès à un service aussi vital qu'Internet est inadmissible.



vendredi 26 septembre 2008

Médias : les femmes ont toujours le mauvais rôle

Peu de temps cette semaine, mais voici une étude intéressante (ou affligeante, au choix) sur la place de la femme dans les médias, analysée par Ouest-France :
"C'est la réalisatrice Michèle Reiser qui a remis, hier, ce rapport à la secrétaire d'État à la Solidarité, Valérie Létard. Pour y mesurer la présence des femmes, des chercheurs ont décortiqué les médias un jour donné : le 15 mai dernier. Les patrons de presse ont été entendus. Des hommes, majoritairement étonnés. Où est le problème ? Les femmes détiennent quand même 43 % des cartes de presse. Et je vous épargne le cas de PPDA, évincé par une femme. Michèle Reiser se souvient de ses débuts de réalisatrice. Un technicien macho l'avait joyeusement provoquée. « Moi, les femmes, je suis comme Landru, je les aime aux fourneaux. » Nous n'en sommes plus là. Les machistes se font discrets. Les femmes leur en imposent. Les publicitaires se détournent de la ménagère de cinquante ans. Mais, méfiance, les stéréotypes sont plus tenaces que l'on ne croit et, surtout, ils n'ont pas de sexe : ils se cachent aussi bien dans les cerveaux masculins que féminins. « Il y a vraiment un décalage entre l'image de la femme exposée par les médias, et la place réelle qu'elle occupe dans la société », assure Michèle Reiser. Dans le miroir médiatique, les femmes ¯ 51 % de la population française ¯ restent partiellement escamotées. La femme invisible. Avez-vous remarqué que, dans les talk-shows télé, les femmes sont souvent absentes ou nettement minoritaires. Pire : on les place en arrière-plan, jeunes et jolies. Elles décorent. Les hommes parlent ; les femmes écoutent. Ce que Frédéric Taddei, l'animateur de Ce soir ou jamais, sur France 3, confirme en le regrettant vivement. « J'en ai parfois honte, mais les femmes, souvent, ont l'impression que, dans un débat, l'homme a toujours l'avantage et elles repoussent mes invitations. » Les experts. Toujours majoritairement masculins. RTL, par exemple, accorde un temps assez équilibré entre voix de femmes et voix d'hommes. Mais, quand il s'agit d'experts, ils sont à 80 % masculins. Brigitte Gresy, cheville ouvrière de cette enquête, résume : « Quand on requiert du sérieux, on prend des hommes. Quand on veut de l'émotion on prend des femmes. » Les prénoms. Souvenez-vous de la dernière présidentielle. On l'appelait Ségolène et lui Sarkozy. Et aux États-Unis : Hillary contre Obama. « Elle » est un prénom. « Il » est un nom. Le « plafond de verre ». Un dernier chiffre. S'il y a désormais beaucoup de femmes journalistes, dans les hautes instances médiatiques, c'est le désert. PDG et directeurs : 96 % d'hommes. On appelle ça le « plafond de verre », un obstacle invisible mais bien réel qui empêche les femmes de grimper dans les hautes sphères. Mesdames, ce plafond-là résiste."

mercredi 17 septembre 2008

La Bbox : des nouveautés, mais probablement pas assez pour raviver la concurrence

Alors que le marché des FAI/télécoms entre dans une période pour le moins attendue (déblocage du dossier 3G), Bouygues lance un pavé dans la mare avec sa Bbox, comprendre son offre Internet/Téléphonie/TV... Jusqu'ici, rien de bien novateur, si ce n'est que Bouygues a choisi 2 axes stratégiques très intéressants pour se différencier d'un marché de l'ADSL qui commence à faiblir, comme en témoigne la baisse de la croissance du nombre d'abonnés chez Free par exemple. Bouygues, comme on le sait, est déjà un opérateur mobile (avec les offres Neo et Neo2, notamment), et un groupe de médias possesseur de contenus à valoriser (TF1, Eurosport, LCI), en tout cas, ils ont de quoi remplir des grilles de programmation mobiles !

La première nouveauté de l'offre, c'est son accessibilité. Bouygues parie ainsi que le nombre d'abonnés à l'ADSL peut augmenter si on leur en facilite l'accès. Concrêtement, la Bbox se présente donc avec un câble unique (d'alimentation), un CD-ROM d'installation, et des "câbles couleur" pour les autres branchements... plus simple, donc, mais également câblé, au final. Cela dit, l'absence de code à rentrer est un vrai plus pour les néophytes du web, qui n'auront plus à taper de codes à plus de 30 chiffres ni à choisir à quelle type de clé correspond ce code.

La seconde nouveauté de la Bbox est à mon avis beaucoup plus intéressante, car elle dépasse, enfin, la notion de triple play pour s'engager sur un quadriplay, c'est à dire qu'à la téléphonie classique, la télévision et Internet sera rajoutée une communication mobile de 3 à 6h selon les forfaits envisagés. En parlant des forfaits, voici la synthèse réalisée par Génération NT :


En zone dégroupée (réseau Bouygues Telecom):
  • Le triple play à partir de 29,90 € par mois : accès à Internet haut débit (jusqu'à 20 Méga), réception de la TV numérique (plus de 50 chaînes gratuites), appels illimités vers les numéros fixes (box incluses) 24h/24, 7j/7, en France métropolitaine et vers plus de 67 destinations internationales
  • Le triple play avec 3 heures d'appels vers les mobiles depuis la Bbox pour 39,90 € par mois. Pour les clients Forfait Mobile de Bouygues Telecom qui souscrivent avant le 17 janvier 2009, le temps de communication vers les mobiles est doublé (6 heures).
  • L'accès Internet simple pour 19,90 € par mois

En zone non dégroupée (réseau France Telecom) :
  • Internet + appels illimités vers les fixes : 34,90 € par mois et 44,90 € sans ligne FT
  • Internet + appels illimités vers les fixes + 3 heures d'appels vers les mobiles de tous les opérateurs (voire 6 heures) : 44,90 euros par mois et 54,90 € sans ligne FT

Le prix des forfaits augmente donc assez rapidement, au final, aussi je reste assez sceptique face aux possibilités de ravivement de la concurrence, comme le signalait le Monde. A suivre à partir du 20 octobre.

jeudi 11 septembre 2008

France Télévisions : la fin de la pub avancée d'un an

La fin de la publicité sur les chaînes publiques devrait avoir lieu en 2011 et non plus en 2012, comme le rapporte Le Monde, citant la Tribune. Une mauvaise nouvelle de plus pour la régie publicitaire de France Télévisions.

Le passage en conseil des ministres du projet de loi sur l'audiovisuel a été de son côté retardé d'une semaine pour des raisons techniques, notamment en ce qui concerne la nomination du futur président du groupe France Télévisions. Je rappelle à ce titre que ce ne sera plus une autorité indépendante qui nommera le PDG (même si cette indépendance, au vu de la nomination et du financement du CSA, reste tout à fait discutable, presque théorique, même), mais le gouvernement directement.

Cette nouvelle a en tout cas fait bondir l'action de TF1, comme l'avait fait la première annonce de la suppression de la publicité. Si la totalité du montant publicitaire ne sera pas transféré sur les autres chaînes, TF1 bénéficie quand même d'un appel d'air supplémentaire, qui, avec cette décisions d'avancer la suppression, aura lieu plus tôt.

Pour avoir fréquenté un temps l'équipe de la régie de France Télévisions, je ne peux que partager leur amertume, la suppression des publicités sur France Télévisions va entraîner un manque à gagner que l'éventuelle taxe sur les produits numériques ne compensera que partiellement. Cela signifie également que le groupe n'aura comme seule source de revenus ce que lui reverseront les pouvoirs publics, d'où un évident conflit quant à l'indépendance des médias concernés.

lundi 8 septembre 2008

Free en fait-il trop ?


Free semble poursuivre sa communication agressive au sujet de la 4ème licence. de téléphonie mobile 3G. Alors que l'ARCEP doit rendre les conclusions de sa "consultation publique" au sujet de la 4ème licence d'ici la fin du mois, l'opérateur filiale d'Iliad a décidé de ne pas attendre le résultat pour (presque) s'autoproclamer vainqueur, comme en témoigne sa dernière campagne, lancée avec le site FreeMobileAsso début septembre. Un site très au goût du jour, web 2.0, participatif, qui veut réunir la communauté des Freenautes déjà très active sur le web (univers du Freenaute, Free News, etc).

Créée à l'initiative d'un certain Antoine Béasse dont nous n'apprenons pas grand chose de plus dans les rubriques du site, cette mobilisation soulève de mon point de vue de travailleuse des médias certaines questions quant à la légitimité de certaines formes de communications. Mon idée, dans ce post, n'est nullement de diffamer l'opérateur, qui défend son intérêt, le contraire serait même étonnant ! Non, le problème, c'est que plusieurs aspects de ce site m'ont semblé gênants, et les commentaires présents sur le forums en font d'ailleurs état.

Le nom du site a semblé poser problème à certains visiteurs. FreeMobileAsso, comme son nom ne l'indique pas, n'est pas une association, au sens d'une association de loi 1901, ce qui aurait donné un cadre législatif clair, avec des droits, des devoirs (notamment la constitution par élection d'un bureau, la tenue de comptes, la tenue d'assemblées générales), ce qui limite les dérives. Or FreeMobileAsso, selon la rubriue "A propos", est un "projet Internet", ce qui n'a aucune valeur juridique. Je ne dis évidemment pas que ce site est pirate, ou illégal, loin de là ! Seulement, il y a un net décalage entre le nom du site et ses status, peut-être de nature à induire en erreur l'internaute qui ne connaît pas la règle de droit qui s'y applique.

A cette première imprécision s'ajoute l'absence quasi-totale d'information sur le fondateur du projet, Antoine Béasse. Là encore, je préfère éclaircir mon propos : ce n'est pas une attaque ad hominem, mais tout de même, lancer un site qui soutient ouvertement un candidat à un futur appel d'offres public, sans préciser quoi que ce soit, cela me semble flou. Free soutient-il cette initiative, dont on a du mal à croire qu'elle puisse être aussi rapidement médiatisée sans aide extérieure, encore moins en "solo" ? L'opérateur n'a pas fait de commentaires à ce sujet, créant de facto une ambiguïté inutile : Free aurait tout à fait le droit d'ouvrir une pétition internet pour démontrer une mobilisation populaire, mais quelle serait la logique de le faire de manière "discrète" ?

D'autres éléments du site me laisse un sentiment gênant de malaise : Free serait le seul candidat (alors que, jusqu'ici, je rappelle qu'il n'y a pas d'appels d'offres officiels concernant la 4ème licence), alors que Kertel et Virgin (et Numéricâble jusqu'il n'y a pas longtemps) se sont également dit intéressés... Y aurait-il une différence de "candidabilité" selon le poids du "candidat" ? Je rappelle qu'au cas où un appel d'offre ait lieu, la 4ème licence pourrait être vendue par lot, autant dire que les petits ont autant de chances que les gros d'acheter un lot, aussi il y a là une information... qui désinforme, me semble-t-il.

La publicité omniprésente sur le site (Google Ads) égratine encore un peu plus la crédibilité du site : pourquoi tenter de gagner de l'argent alors que le but du site, si l'on se tient à ce qu'il est annoncé, est de promouvoir une cause (la concurrence), qui est une cause politique ? Ce mélange des genres me semble pour le moins porter atteinte à la "noblesse" originelle du projet. Si le but est de faire du trafic pour rémunérer le propriétaire du site, que cela soit dit ! Il y a là clairement un problème entre le message et le moyen, ou alors l'un ou l'autre ne sont pas ceux affichés.

Idem pour les données collectées. Certes, le fondateur du site joint à la pétition le dépôt (obligatoire) de la CNIL, mais qui est exactement Antoine Bréasse ? Pourquoi a t-il besoin des noms, adresses et professions de ses signataires ? Quelle valeur a une telle pétition ? Si il s'agit d'une histoire de chiffres, pourquoi, comme le suggère un commentaire, ne pas avoir préféré contacter les clients Free déjà existants ? Une pétition apportera t-elle l'apport financier dont Free risque demanquer après le rachat d'Alice et son investissement dans la fibre optique ? Je reste vraimenr sceptique, et pourtant Dieu sait si j'ai longtemps été ouverte aux nouvelles formes de communication, en ligne notamment.

Je vous laisse juges du dispositif, moi il me gêne, et c'est le pire : je ne suis pas "contre", ni "pour", mais le manque d'informations quant au comment et au pourquoi de ce site de mobilisation alerte mes capteurs :) pourtant habitués aux ambiguïtés de la communication. Qu'en pensez-vous ?

jeudi 4 septembre 2008

Forfaits MVNO BLYK. Gratuit, mais envahi de pub

Les forfaits "gratuits" pour téléphones portables son en train de percer en Europe, un phénomène que nous pouvons lier à l'avènement du tout-gratuit dans nos sociétés... Si l'on se rappelle un peu, ce sont les journaux gratuits qui avaient été les premiers objets de consommation courante à passer sous gratuité, le tout financé par la publicité. Il suffit de regarder le succès de 20minutes (Metro ayant eu des problèmes graphiques, n'a pas pu tenir le coup face aux couleurs et au rubriquage intelligent de 20minutes)...

Alors pourquoi pas pour téléphoner !

En tout cas, cette fois-ci, c'est un MVNO qui passe à l'attaque, Blyk (là encore, le nom fait très web 2.0... donc gratuit), fondé par un ancien de Nokia et une ancienne de Contra (boîte de... pub!), mais aussi des publicitaires reconnus de Leo Burnett ou de Starcom. En proposant des forfaits gratuits financés par la publicité, l'offre existante comprend pas moins de 43 minutes de communication, ce qui n'est pas si mal pour des consommateurs avec peu de moyens, ainsi que (et surtout) un peu plus de 200 SMS... en contrepartie, évidemment, votre portable buzzera régulièrement pour vous proposer des offres commerciales. Et devinez quoi, parmi les annonceurs les plus fidèles, on trouve Coca-Cola, McDonalds... d'où un autre débat sur le protection des jeunes consommateurs, enfin c'est une autre histoire.

Blyk semble satisfait du retour de ses campagnes publicitaires (Allemagne, Belgique, Espagne), dont la cible est évidemment la tranche des jeunes (16-24 ans) qui n'ont pas les moyens de s'offrir des forfaits "voix" conséquents, mais qui passent leur temps à pianoter des SMS. L'opérateur MVNO devrait arriver en France en 2008... donc rapidement, probablement en louant le réseau Orange, qui est déjà son partenaire en Angleterre.


Site officiel : Blyk.
Interview du responsable de la stratégie corporate et publicité de Blyk : ici.

lundi 1 septembre 2008

GPhone : les meilleures applications, la comparaison avec l'iPhone, et d'autres informations liées.

gPhone ou pas ? Finalement, Google avait tranché dans le sens du développement d'une plateforme (un OS, en fait) plutôt que dans l'intégralité d'un terminal, ce qui l'aurait fait passer du côté des constructeurs. Alors que l'iPhone poursuit son développement, Google pouvait difficilement rester sans voix. Ce système d'exploitation, baptisé Androïd, se veut très axé sur la mobilité (normal, pour un portable, me direz-vous), et plus précisément sur la géo-mobilité, comme en témoignent les fonctionnalités prévues des premières applications dont voici un aperçu photo, merci à ActuWeb2 :



et plus détaillé sur Gphone Android News, qui présentait déjà en mai la liste des premières applis développées par le prestigieux MIT.

Loco: Un réseau social Mobile, avec un suivi et un traking de vos amis en temps réel.

Flare: Application de délocalisation pour les PME, avec un suivi de vos employés ou encore à mettre à disposition de vos clients pour une pizzeria qui saura à tout instant si la pizza est dans la cage d’escalier ou pris dans les embouteillages géré avec des identifiants temporaires pour gérer la confidentialité: notons la possibilité d’avoir la possibilité de savoir ou se trouve vos enfants.

GeoLife : c’est une application de gestion de taches avec une compostante de géolocalisation avec un systéme d’alerte quand vous passez à proximité de votre boucher pour penser à acheter les 500 grs de riz de veau qu’il vous faut pour le diner, Geo Life utilise aussi l’API Google Maps.

Locale - Excellente application de gestion de profil dynamique qui vous permet selon l’heure et l’endroit de charger un profil du mobile différent, à savoir le volume, le transfert d’appel, la sonnerie,etc…Cette application a remporté les 25000 dollars de la phase I de l’ADC.

Re:Public - Application de réseau social géolocalisé ou pourrez noter vos amis, les retrouver et avoir des indicateurs comme le temps passé avec vos amis proches.

Snap - CrunchGear a commparé cette appllication à Digg sur des cartes, quand vous étes dans un endroit précis ca vous permet de connaitre les endroits plébiscités par les locaux.

KEI -Clef Virtuelle pour tous vos accès pour votre voiture, vos portes en bref un porte clef virtuelle pour tous vos accès ave une gestion multi-utilisateurs et des interfaces d’administration

mit loves android

Vous trouverez également ici les applis récompensés (grassement !) par Google dans le cadre de son concours d'applis pour Androïd, justement.

D'autre part Android paraît pouvoir être l'OS d'autres systèmes, comme les GPS embarqués dans les voitures. On reconnaît bien là la touche Google :

Android will be available for any phone manufacturer to install and build on top of. It will allow for extensive use of Google applications, mashups based on those applications combined with third party apps and will in time live on portable devices other than phones, like car navigation systems.

Alors que de son côté, le système créé par Apple par l'iPhone est, comme le souligne ce site, "L’iphone est lui un système complètement clos, un joli système mais un système clos", avec passage quasi obligatoire par la case iTunes (ou assimilié) pour la distribution des applis créées par des tiers.

Au niveau des chiffres, Android devrait être accessible à 150 dollars avec abonnement chez T-Mobile (et un terminal HTC, j'imagine), ou 399 dollars tout seul. Là où l'iPhone peut avoir des craintes, c'est que le terminal serait également 3G, tactile, et avec un appareil photo 3 mégapixels. et petite précision très Googlesque : il faudra avoir un compte gmail pour activer Androïd !

On pourra également suivre une bataille intéressante entre plate-forme et système d'exploitation open-source. LiMo, comme Android, est basé sur Linux. En gros, chacun de ces deux systèmes d'exploitation "ouverts" regroupe des constructeurs, des opérateurs.

LiMo : Motorola, NEC, NTT, Orange, Panasonic, Samsung
Android : Google, mais également Motorola et Samsung, qui jouent les 2 tableaux, donc.

Les autres différences sont techniques (LiMo est développé en C/C++, Android en Java), et surtout médiatique : LiMo a peu de visibilité, alors que tout projet soutenu par Google bénéficie d'emblée d'une aura d'innovation (et de "hype")


samedi 23 août 2008

vendredi 22 août 2008

Salons web automne/hiver 2008 : présentation et enjeux



La rentrée 2008 sera chargée pour ceux qui voudront suivre les dernières évolutions du web 2.0, et plus généralement des nouveaux médias, avec pas moins d'une vingtaine de salons conséquents, un peu partout dans le monde. En voici une liste non exhaustive à laquelle toute nouvelle contribution sera la bienvenue :), à partir des programmes trouvés ici ou là :

1- Virtual Worlds Conference & Expo - Los Angeles, les 3 et 4 septembre
2 - Office 2.0 Conference - San Francisco, les 3, 4 et 5 septembre
3- TechCrunch50 - San Francisco, les 8, 9 et 10 septembre
4- Digital ID World 2008 - Anaheim (Californie), les 8, 9 et 10 septembre
5- WikiSym 2008 - Porto (Portugal), les 8, 9 et 10 septembre
6- Web 2.0 Expo - New York, les 16, 17, 18 et 19 septembre
7- Interop New York 2008 - New York, les 15, 1, 17, 18 et 19 septembre
8- PodCamp Montréal - Montréal, les 20 et 21 septembre
9- BlogWorld&NewMediaExpo - Las Vegas, les 20 et 21 septembre
10- EmTech08 - Boston (MIT), les 23, 24 et 25 septembre
11- KM World&Intranets 2008 - San-Jose (Californie), les 23, 24 et 25 septembre
12-WebBuilder 2.0 - Las Vegas, les 13, 14 et 15 octobre
13- Web 2.0 Expo Europe - Berlin, les 21, 22 et 23 octobre
14- International Semantic Web Conference - Karlsrhue (Allemagne), du 26 au 30 octobre
15- Web 2.0 Summit - San Francisco, les 5, 6 et 7 novembre
16- PubCon 2008 - Las Vegas, les 11, 12, 13 et 14 novembre
17- Webcom-Montréal - Montréal, le 12 novembre
18- Online Information 2008 - Londres, les 2, 3 et 4 décembre
19- Gilbane Boston Conference, Boston, les 2, 3 et 4 décembre
20- LeWeb 08 - Paris, les 9 et 10 décembre
21- Search Engines Strategy 2008 - Chicago, du 8 au 12 décembre

Evidemment, cela fait beaucoup, mais les compte-rendus des blogeurs participants ne manqueront pas.

Ces salons sont importants à plusieurs titres. Outre la possibilité d'élargir son réseau et éventuellement de nouer des partenariats, les interventions et conférences permettent de formaliser les nouvelles conceptions du web.
Ainsi, le web 2.0 summit de San Francisco a depuis 4 ans affiné la définition du web 2.0, en enrôlant un nombre toujours plus important de participants. On peut résumer ce que ces salons ont apporté au fil des ans :

- 2004 : le web entre dans une nouvelle ère, aidé par les progrès technologique (haut-débit, matériel plus accessible). Cette nouvelle ère est nommée "web 2.0" par Tim O'Reilly et son équipe.
- 2005 : Les start-up partent à la reconquête du web après avoir vu leur enthousiasme douché par l'explosion de la bulle internet quelques années plutôt.
- 2006 : un salon moins créatif, mais où les médias et les entreprises plus 'traditionnelles' se sont invités. Le web 2.0 atteint alors une phase de maturité, les grands acteurs commencent à saisir les possibilités commerciales de ce média.
- 2007 : Beaucoup plus de visiteurs que les deux précédentes éditions, avec une attention particulière pour les développeurs et les start-up, de nouveau très créatives. Principales stars
du salon : les réseaux sociaux (Facebook notamment) et l'iPhone, que l'on retrouvera dans une bonne moitié des conférences. Ce salon est aussi l'occasion pour le web sémantique (assimilé au "web 3.0", voir le tableau ci-contre) de montrer ses premières applications. Enfin, les participants ont aussi évoqué à plusieurs reprises deux des futurs centres de gravité de la communauté web : le marché Chinois, en plein expansion, et l'Internet mobile, grâce notamment aux innovations d'Apple (iPhone), d'Amazon (Kindle), de Google (gPhone).



La synthèse effectuée par Mary Meeker, que l'on peut trouver sur le site de Morgan Stanley, a également permis d'avoir en un coup d'oeil les principales tendances du réseau.

Voilà pour les éditions précédentes... Pour la suite, que peut-on attendre de cette édition 2008 ? A voir la liste des invités, il s'agit d'une propagation de l'esprit web 2.0 à l'ensemble de la société, comme en témoigne la présence d'Al Gore et de Lance Armstrong. Cette démarche s'inscrit dans une quête de la simplicité, en quelque sorte. Les systèmes les plus complexes de la planète semblent atteindre, ou en tout cas montrer, leurs limites : crise financière due à une perte de contrôle de l'ensemble du système, crise environnementale globale, crise des systèmes de financement de la santé publique, des retraites, guerres de religions persistantes... D'où l'idée (l'utopie ?) que le web, sa simplicité et son aspect intuitif, notamment, pourrait apporter une vision capable de résoudre certains de ces problèmes, par l'intelligence collective, la mise en réseau.
Les salons de l'automne 2008 signeront donc probablement le décloisonnement de la sphère de l'Internet, en incluant les leaders venus d'autres horizons.

mercredi 20 août 2008

Spikko, concurrent de Skype

Une start-up à suivre, puisqu'elle ne prétend pas moins que concurrencer Skype, qui a comptabilisé en février 2008 100 milliards de minutes de communication, fort de près de 280 millions de membres. Spikko, basé en Israël, offre également un service de VoIP, la téléphonie par internet.

L'innovation de Spikko, c'est de proposer des appels gratuits non seulement vers les ordinateurs équipés du logiciel, mais aussi vers les fixes et les mobiles du monde entier (alors que c'est précisément la manne de Skype avec SkypeOut). Comment assurer ce service complètement gratuit ? Spikko innove aussi à ce niveau, en jouant en deux temps.

Dans un premier temps, il est possible de gagner des demi-heures de communication en invitant ses connaissances à utiliser Spikko, comme dans un système de parrainage.
Dans un second temps, Spikko tirera ses revenus de la publicité et des appels entrants vers Spikko (au prix d'un appel local).

Spikko développe en bêta une version de son SpikkoPhone pour les terminaux équipés 3G . A suivre, donc !

http://www.nfc.co.il/UploadFiles/ForumFiles/950656558.JPG

mercredi 6 août 2008

Mutation de la chronologie de diffusion des médias


La "chronologie de diffusion des médias", parfois aussi appelée plus simplement "chronologie des médias", est un concept intéressant, car en grande mutation ces derniers temps, avec l'accéleration de la diffusion des contenus, gains de temps permis par les avancées technologiques des NTIC (piratage, mais aussi VOD). Voici un panorama de l'évolution de cette chronologie, et quelques pistes sur ses mutations futures.

"Les dispositifs de chronologie des médias ont été institués, au niveau national puis au niveau européen, dans les années 80 pour protéger les exploitants de salles de cinéma contre la concurrence de la télévision et des supports enregistrés", trouve t-on sur le site de la DDM.
Concrêtement, les institutions nationales (et européennes, par la suite), ont défini des délais obligatoires avant la diffusion d'oeuvres audiovisuelles par d'autres médias (TV, notamment). Ces délais fondent avec l'avancée des NTIC : l'ORTF avait en son temps défini un minimum de 5 ans entre la sortie d'une oeuvre et sa diffusion à la télévision... un peu comme si l'on avait attendu 5 ans avant de pouvoir voir Matrix ailleurs qu'au cinéma, alors que désormais, certains films sont accessibles avant même leur diffusion sur grand écran. Les spectateurs (ou "e-spectateurs" devrait-on dire) peuvent désormais éviter d'attendre qu'un film américain soit traduit, sous-titré et disponible en France. L'ordre habituel de la chronologie de diffusion des médias est le suivant : cinéma, puis vidéo (location puis vente), et enfin TV. En France, la règlementation a ainsi longtemps crée la chronologie suivante :

- sortie du film en salle
- sortie en vidéo et en pay per view au bout d'un an
- diffusion sur Canal+ au bout de 15 mois
- diffusion sur les chaînes en clair au bout de 2 ans.

La directive européenne "télévision sans frontières" de 1997 a mis un terme à ce schéma, permettant aux producteurs et diffuseurs de négocier de gré à gré la chronologie de diffusion. Cette chronologie est un aspect crucial de la stratégie commerciale des producteurs et des diffuseurs, qui peuvent ainsi amortir les coûts élevés d'un film sur plusieurs années, en créant de facto plusieurs marchés : celui des cinéphiles, puis celui des spectateurs des chaînes à péage, et enfin celui des chaînes télévisées hertziennes.

Voici schématiquement la chronologie de diffusion telle qu'elle s'applique en France actuellement (source : wikipédia) :


Les délais ayant pour fonction principal de protéger l'exploitation en salle (la plus rentable pour la production), ceux-ci peuvent être rallongés en cas de succès, afin de continuer à engranger les bénéfices sur les places de cinéma (cas du Fabuleux destin d'Amélie Poulain). Ou raccourcis, en cas de flop en salle !

Cependant, cette chronologie risque d'évoluer. D'une part parce qu'elle est renégociée chaque année, et d'autre part parce que les différents acteurs en lice ont des intérêts divergents. Du point de vue des FAI (pour l'instant bloqués à 33 semaines), ce délai est trop long, et leur stratégie consiste à tenter d'aligner leur délai sur celui de la vente/location (24 semaines). Cette volonté va à l'encontre d'autres diffuseurs, notamment Canal+, qui veut conserver ce délai de 33 semaines pour garder la main sur les premières diffusions hors-salle. Le conflit principal n'est cependant pas celui des FAI contre les chaînes privées, tous deux se retrouvent finalement associés pour lutter contre le véritable ennemi des producteurs et diffuseurs : les pirates. Comme le note Jurispedia, "Cette tendance en faveur d’une adaptation de la chronologie des médias à la réalité des nouveaux modes de consommation a pour origine la volonté de lutter contre une piraterie toujours plus accrue".

La situation pourrait cependant se débloquer plus vite que prévue pour plusieurs raisons :
- les délais sont étonnamment longs lorsque l'on sait qu'environ 80% du total des entrées est atteint au bout de 3-4 semaines d'exploitation en salle.
- l'IPTV est en pleine expansion. La VoD est facilitée par la pénétration de l'ADSL (15 millions d'abonnées au 30 juin 2008) en France. Cependant, tous ces abonnés n'ont pas forcément accès à l'IPTV, qui est disponible pour ceux disposant des offres Triple Play (Internet, Télévision et Téléphonie) et qui se trouvent non loin des centraux téléphonique, c'est à dire principalement dans les grandes villes. Le nombre de clients IPTV avait ainsi atteint 5 millions en France, pays leader sur ce segment. Autant de clients potentiels pour l'achat de films.


Gageons également que raccourcir les délais de diffusions pour les FAI permettra d'enrayer les téléchargements illégaux, la tentation du piratage me semble être moins grande si l'on a moins à attendre pour pouvoir savourer des films (trop) longtemps attendus !



lundi 4 août 2008

DRM et gratuité, ou le bâton et la carotte

La gestion des droits numériques (Digital Rights Management en anglais, d'où le DRM utilisé communément) est toujours au centre des débats sur la propriété intellectuelle, dans sa version numérique. Le terme DRM recouvre l'ensemble des dispositifs techniques visant à protéger un fichier numérique.


L'image “http://www.ville-ge.ch/bmu/nutech/drm.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Ce type de "verrou" a eu pour première (mais indolore) incarnation les fameuses zones des DVD. Impossible de lire un DVD américain ? C'est un type de DRM. Vous n'arrivez pas à zapper la page de pub de quelques secondes qui précède nombre de vidéo sur le web ? Idem. Tout le secret, techniquement parlant, réside dans les clés qui sont utilisés pour verrouiller les produits ou les fichiers, mais l'ingéniosité des pirates a souvent eu raison des clés les plus complexes en quelques temps. Pour être plus précis, la "clé" est généralement unique : en gros, lorsque vous achetez un titre sur iTunes, les serveurs d'Apple vont créer une clé supposée ne marcher qu'avec votre iTunes, sur votre ordinateur. Cette technique de chiffrement n'est pas sans rappeler les meilleurs passages des livres d'espionnage ! Les clés sont également dotées de plusieurs possibilités d'utilisation, du stream (utilisation unique) au download+ (téléchargement + droit de copie sur certains supports).

Le problème majeur des DRM, car jusqu'ici protéger un droit d'auteur semble légitime, est qu'ils finissent par léser le consommateur. Comment ? En créant chacun sa clé dans son coin, en gros, les constructeurs/producteurs/diffuseurs ont créé autant de standards incompatibles entre eux... et si vous avez payé un titre sur iTunes, il y a fort à parier que vous aurez des soucis pour l'écouter ailleurs que sur un produit estampillé Macintosh. Sauf à repayer le même titre dans sa version Microsoft, par exemple. Il est assez sidérant de voir que les constructeurs/producteurs/diffuseurs, qui ont tous le même intérêt à lutter contre le piratage, ne soient pas parvenus à s'entendre sur un point qui menace pourtant constamment leurs positions. Leur stratégie m'échappe (si vous avez des idées, des pistes...). Cette interopérabilité manquante lèse directement les constructeurs/producteurs/diffuseurs, car le consommateur ne va pas acheter plusieurs fois le même produit, et il sera alors tenté de le pirater. CQFD, à priori...


L'image “http://www.microsoft.com/silverlight/images/media/drm-flow.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Cette posture des constructeurs/producteurs/diffuseurs est extrêmement infantilisante pour les consommateurs, qui au final sont perçus par défaut comme des pirates, et non pas comme des individus à même de saisir les enjeux de la propriété intellectuelle (rémunération des auteurs, financement de l'économie du numérique, maintien de la 'biodiversité' et de la créativité des artistes, fonds de soutien etc). C'est justement du côté des artistes eux-mêmes qu'on trouve quelques approches innovantes en termes de DRM. ou justement, la question des DRM est évacuée. On peut citer à cet égard les Barenaked Ladies, ou Norah Jones, qui ont choisi de distribuer leurs titres dans DRM. Ce qui ne veut pas dire "donner", mais bien "vendre", mais sans accrocher au produit le DRM.

Le retournement de la question des DRM devient même un argument marketing stratégique pour les plus audacieux. Ainsi Apple avait créé la surprise en demandant aux majors d'abandonner purement et simplement les DRM... pour apparaître comme le sauveur des consommateurs éclairés ? Yahoo semble suivre cette voie en dé-DRM-isant ses fichiers, pour de bon, et en proposant même d'indemniser les utilisateurs qui avaient payé des fichiers DRM (qui seront inutilisables une fois les serveurs DRM démontés)... Cela dit, pour Yahoo, c'est presque une question de survie après le raid épuisant de Microsoft. Yahoo rejoindrait ainsi Napster, Rhapsody ou encore Amazon qui avaient déjà fait le choix de ne pas mettre de DRM dans leur musique. Tous les regards se tournent donc maintenant vers iTunes, leader de la musique en ligne, toujours DRM-iste aux dernières nouvelles...

mercredi 9 juillet 2008

Orange pas encore producteur

Rapprochement NRJGroup et NextRadioTV : Appel à contribution !


"Nous sommes... convaincus qu'un rapprochement entre NRJ Group et NextRadioTV ferait sens, tant leur portefeuille d'activités est proche (radio, TV, Internet), avec de fortes complémentarités au sein de chacune". Ce commentaire du bureau d'études Gilbert Dupont qui va en susciter d'autres ! Trouvée ici, l'information paraît surprenante. Voyons d'abord le profil des deux groupes.

NextRadioTV est un groupe audiovisuel français créé en décembre 2000 par Alain Weill, ancien directeur général de... NRJ Group. Les principales chaînes du groupe sont les radios RMC et BFM, de la chaîne TNT BFMTV, et de revues, pour la plupart sur l'informatique (01Net, MicroHebdo, L'Ordinateur Individuel).
Derniers chiffres connus : 64,3 millions d'euros de CA en hausse de 32%. Alain Weill a su en quelques années remettre en selle RMC, au format inadapté, et BFM, alors en redressement judiciaire.



NRJ Group, de son côté, est également un groupe audiovisuel, bâti depuis 1981 autour de radios (NRJ, Chérie FM, Nostalgie) puis de télévision (NRJ12) et enfin de téléphonie (NRJ Mobile, un MVNO en partenariat avec le Crédit Mutuel - CIC).
Derniers chiffres connus : 80 millions d'euros au 1er trimestre 2008, mais en baisse de 15%... Les radios tirent à la baisse les bonnes performances des télés et de l'activité de MVNO.

Quelles synergies le cabinet voit-il donc entre ces 2 groupes ? NextRadioTV, très en forme, et généralement audacieux, s'est porté candidat à 3 chaînes de TMP (Télévision Mobile Personnelle, la TV sur vos téléphones), jouant ainsi la carte de la continuité dans sa diffusion. NRJ Group compte, pour se redresser, sur une changement radical de stratégie. En "starisant ses animateurs", à l'instar de Fun Radio, portée par Cauet, et en jouant la carte du web, avec la création de webradios, un concept en vogue (voir le succès de Deezer, par exemple). Un site communautaire est également à l'étude. Et comme le groupe d'Alain Weill, NRJ Group sera candidat à une chaîne de TMP.

Très franchement, j'ai du mal avoir quelle complémentarité le cabinet voit entre les 2 groupes. Certes, Alain Weill a dirigé les 2 groupes, et conserve des liens avec NRJ, mais au-delà de cette affaire presque privée, la taille, les chaînes, la santé financière et les stratégies diffèrent complètement. Si vous avez des idées sur le sujet pour éclairer ma lanterne, je suis preneuse :).

jeudi 26 juin 2008

3G : quel modèle économique ?

La pénétration de la 3G en téléphonie mobile change la donne au niveau des modèles économiques envisagés. Prenons le cas de Apple. Si la firme à la pomme avait semblé louper le coche avec une première version de l'iPhone dépourvue de 3G, la deuxième version, l'iPhone 3G, est programmé pour réussir, et le nouveau modèle économique l'explique en partie, car il permet de réduire considérablement le coût à l'achat du terminal.

Jusque là, le modèle économique de la téléphonie était basé sur le matériel : cher à produire, il fallait pourtant bien le vendre, d'où les forfaits "subventions", qui permettent au client d'acheter un terminal de qualité à moindre prix (apparent), mais en s'engageant dans la durée avec l'opérateur téléphonique, pour 12 ou 24 mois en général. Seulement, s'engager pour 2 ans avec le même téléphone quand les avancées technologiques rendent obsolètes un appareil de plus de 9 mois, cela peut devenir un frein à l'achat. Apple l'a bien compris, et semble prêt à étendre son modèle économique à l'ensemble du secteur de la "mobilité", dans son acception la plus large.

La première version de l'iPhone avait tenté un nouveau pari économique, en ne choississant qu'un distributeur exclusif par pays (AT&T aux Etats-Unis, Vodafone au Royaume-Uni, Orange en France). Le coût de l'appareil était également supporté par l'opérateur "élu", celui-ci devant partager ses revenus issus de l'iPhone avec Apple. Somme tout, l'on restait dans le modèle de l'abonnement à long-terme. Mais les choses changent, comme le prouve cet intéressant extrait d'un document qu'Apple a fourni à la SEC (le gendarme boursier américain). Voici le paragraphe qui touche du bout des lèvres le changement de business model, trouvé ici initialement :

“Apple has signed multi-year agreements with carriers authorizing them to distribute and provide network services for iPhones in over 70 countries. These agreements are generally not exclusive with a specific carrier, except in the United States, United Kingdom, France, Germany, Spain, Ireland, and certain other countries. Under the vast majority of these agreements, Apple will not receive follow-on revenue generating payments from carriers for the new iPhone 3G beyond the purchase of the device by carriers or a commission on sales of the device by Apple. Apple will continue to receive payments from cellular network providers related to first-generation iPhones as long as they remain active on authorized networks.”

C'est donc écrit noir sur blanc, Apple ne compte plus sur les revenus générés par les "revenus partagés" de l'opérateur. Ce qui permet d'ailleurs aux opérateurs de casser les prix et de passer en dessous de la barre des 200$, ou 200€, seuil symbolique au-dessous duquel les appareils partent beaucoup mieux (ce fut le cas notamment de la PSP, et de certains modèles de l'iPod. Pour l'iPod, les ventes étaient passées de 8 à 32 millions d'unités). On peut donc considérer qu'avec ce prix moindre, les ventes de l'iPhone vont décoller. LEs prix sont d'ailleurs presque ridiculement bas ailleurs en Europe : O2, en Angleterre, a commercialisé l'iPhone 3G gratuitement contre un engagement de 45 euros sur 18 mois, et en Allemange, T-Mobile a offert le précieux terminal contre 69 euros sur 24 mois. Le prix du matériel n'est donc plus la clé de voûte de la 3G.

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Le modèle économique bascule des revenus partagés vers les revenus générés par les apps, ces applications que l'on retrouve un peu partout sur Internet, depuis Facebook jusqu'au blog. Sauf que pour les téléphones, ces apps seront payantes, car elles apportent un réel "+", un meilleur navigateur web, par exemple, ou un logiciel de traitement de texte. En ayant élargi au préalable la base de pays où l'appareil est disponible (ce qui est en train d'être fait), ces apps pourraient même amener le modèle économique de l'abonnement à obsolescence.

D'autre part, la 3G peut ainsi viser clairement les entreprises, beaucoup plus qu'avant. Ainsi l'iPhone ne vient pas seul, il est bien accompagné comme le rapporte ITRManager :

- L'annonce d'une infrastructure de type SaaS : Apple a annoncé MobileMe en même temps que l'iPhone, un ensemble de services de stockage de données personnelles - mails, agenda, calendrier - avec un fonction de synchronisation sur l'ensemble des systèmes de l'utilisateur (une sorte d'équivalent du Live Mesh de Microsoft) ;

- Une plate-forme de développement d'applications : l'iPhone 3G est un objet programmable pour des applications d'entreprise. Le SDK (Software Development Kit) annoncé par Apple simultanément à l'iPhone avait totalisé quelque 250 000 téléchargements dans les jours qui ont suivi l'introduction du matériel. Quelque 1000 applications seraient disponibles sur l'Apps Store d'Apple.

Parmi les apps qui risquent fort de se retrouver en tête des téléchargements, on trouve ainsi Microsoft Exchange, le Pack Office, le navigateur Safari et la suite iWork, les accès sécurisé (SSL, IPSec...) etc.

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En creusant un peu plus loin, c'est même le modèle économique du payant, pour la téléphonie mobile, qui risque d'être touché. Pourquoi ne pas imaginer que les services pour lesquels nous payons aujourd'hui seront gratuits demains, "subventionnés" par la publicité textuelle, vidéo ou même vocale sur les terminaux 3G ?